Octobre 2020. Carquefou, siège de la fédération des MFR, quelque part en Loire-Atlantique.
Quelle ambiance dans ma tête. Un mélange d’excitation et d’inquiétude. Dans quelques heures, je vais animer la première journée de cohésion du comité de projet communication des MFR de Loire-Atlantique. Onze personnes que je ne connais pas encore. Onze univers différents : des directeurs, des secrétaires, des formateurs, des chargés de communication. Des MFR (Maisons Familiales et Rurales) réparties dans le département, chacune avec sa culture, ses habitudes, ses résistances peut-être.
Alors oui, j’ai bossé le dossier. Relu les conclusions de l’audit d’image que nous avons réalisé avec la méthode ethnomarketing. Écouté les directeurs évoquer ce besoin de mutualiser, de coordonner, de sortir de l’isolement. J’ai préparé mes outils, ma trame, mes exercices. Évidemment, c’est mon métier de consultant communication freelance. Mais malgré cette assurance d’avoir bien préparé l’intervention, l’adrénaline monte…
J’arrive en avance sur les lieux. Un cadre verdoyant, apaisant. Je repère la salle où va avoir lieu la session. Et puis je me pose pour un temps de méditation et de respiration. J’ai de la marge. Je laisse le corps et l’esprit s’envoler. Je relâche la tension. Le temps semble s’arrêter.
Sortir de ce moment se fait naturellement car je me suis laissé du temps. Pas de réveil, pas de contrainte. Pour vraiment lâcher prise. Je suis fin prêt.

Le groupe entre dans la salle. Onze visages, onze postures. Certains se connaissent, d’autres non. Je lis dans leurs regards un mélange de curiosité, de scepticisme, peut-être même de fatigue. « Encore une réunion », doivent penser certains. « Qu’est-ce qu’on vient faire ici ? ». On est également post COVID, les masques sont de rigueurs, cela n’arrange pas mes affaires…
Mais c’est exactement pour ça que j’ai prévu de démarrer autrement. Pas de PowerPoint. Pas de discours. Je me lève. Je les invite à fermer les yeux. Didier Bras, acteur et coach qui m’accompagne pour cette journée, lance un exercice théâtralisé. On brise les barrières. On joue. On rit. On se découvre autrement.
Et là, quelque chose se passe. Les épaules se détendent. Les sourires apparaissent. Les premiers échanges fusent. « Ah toi tu t’occupes des réseaux sociaux aussi ? » « Tu utilises quel logiciel pour tes affiches ? » La magie du collectif commence à opérer.
Une fois l’énergie installée, je prends le micro. Mon rôle n’est pas de leur imposer une vision. Mon rôle est de les faire parler. De capter leurs attentes, leurs frustrations, leurs rêves, de comprendre les contraintes de leur quotidien, les attentes de leurs cibles, les besoins des apprenants et des parents (de leur écosystème).
Je leur pose des questions simples mais essentielles :
Les mots se libèrent. « J’aimerais sortir de l’isolement. » « On a besoin de se former. » « Je passe trop de temps sur des outils que je maîtrise mal. » « On n’a pas de plan, on fait au jour le jour. » « J’aimerais comprendre comment être efficace. »
Je note. J’écoute. Je reformule. Je fais des ponts entre leurs propos. « Vous voyez, Élodie dit qu’elle manque de temps. Et Chloé évoque le besoin d’outils. Mais au fond, vous parlez de la même chose : comment aller plus vite et mieux ? »
Ils hochent la tête. Ils se reconnaissent dans les mots de l’autre. Le sentiment d’appartenance naît sous mes yeux.
Vient ensuite le moment stratégique. On ne peut pas tout faire. Il faut prioriser. Alors, en tant que chargé de communication freelance, je les invite à co-construire leur feuille de route.
Sur un paperboard, on liste les actions possibles :
« Qu’est-ce qui vous semble le plus urgent ? » Je leur tends le stylo. Ce ne sont plus mes idées. Ce sont les leurs. Je ne suis que le facilitateur, celui qui structure, qui cadre, qui donne du sens.
Un des participants prend la parole : « Moi je pense qu’on doit commencer par le site. C’est notre vitrine commune. » Élodie enchaîne : « Oui, mais si chaque MFR continue à communiquer dans son coin, ça ne servira à rien. Il nous faut une stratégie partagée. »
Je souris intérieurement. Ils débattent. Ils s’approprient le projet. Je les aide à prendre de la hauteur. OUI pour faire un site, mais ce site il sert à qui ? Les parents, les ado, les apprenants, et nos partenaires, me répondent-ils. Top, donc avant de faire le site, posons nous la question du POURQUI ? POURQUOI ? Donnons du sens à l’action. Quelle utilité pour vos cibles (un site en phase avec l’expérience utilisateur). On approche du but. C’est exactement ce que je voulais. Un groupe qui pense ensemble avant d’agir ensemble, et moi qui accompagne, qui guide, qui aide à prioriser, pour plus d’efficacité.

Les mois passent. Décembre 2020. Nouvelle réunion. On avance sur la plateforme de marque. On définit les cibles : qui sont vraiment les publics des MFR ? Quels sont leurs besoins, leurs freins, leurs rêves ? On plonge dans l’analyse du parcours client. Du suspect au prospect, du prospect au client, du client à l’ambassadeur.
Mais un écueil apparaît. Le manque de temps. « Alexis, on n’arrive pas à tenir le rythme. » « On voudrait avancer mais le quotidien nous rattrape. »
Je le savais. Je l’avais anticipé. La communication, ce n’est pas une tâche anecdotique qu’on fait « quand on a le temps ». C’est un métier. Qui nécessite du temps. Des compétences. De la reconnaissance.
Alors je fais remonter ce constat aux directeurs des MFR. « Si vous voulez que ce projet vive, il faut dégager du temps dans les équipes. Il faut valoriser cette mission. Lui donner de la légitimité. »
Ils entendent. Ils ajustent. Certaines MFR libèrent leurs référents communication une demi-journée par semaine. D’autres investissent dans des formations. Le collectif respire à nouveau. C’est aussi cela mon rôle de chargé de communication freelance, la sentinelle.
Janvier 2021. Le nouveau site web de la Fédération des MFR 44 est en ligne. Simple. Clair. Efficace. En phase avec les besoins des utilisateurs. Les équipes sont fières. « C’est nous qui l’avons fait », me dit Élodie avec émotion.
Les publications Facebook commencent à se coordonner. Chaque MFR partage les posts des autres. Les hashtags communs émergent : #vierésidentiellemfr, #vieassociativemfr, #evenementmfr. La cohésion devient visible. Les interactions augmentent.
Je mesure. Je partage les statistiques. « Regardez, depuis qu’on mutualise, votre portée a augmenté de 40 %. » Les chiffres parlent. Le ROI se concrétise. Les efforts prennent sens.

Février 2021. Session de formation Canva. Je leur montre comment créer rapidement des visuels pro sans être graphiste. Une des participante s’exclame : « Mais c’est génial ! Je vais pouvoir faire mes affiches moi-même ! ». On exploite les trames créés par le national (l’union des MFR). On gagne du temps avec l’IA (intelligence artificielle) sans perdre son humanité.
C’est ça que je veux. Pas créer de la dépendance. Mais les rendre autonomes. Leur donner les clés. Les accompagner vers la maîtrise. Mon rôle de consultant communication, ce n’est pas de tout faire à leur place. C’est de les faire grandir. De les éclairer sur les nouvelles tendances. Des outils ou des bonnes pratiques qui font gagner du temps tout en prenant PLAISIR. Faire grandir l’image d’une marque c’est consolider le CAPITAL CONFIANCE dans la durée.
Septembre 2021. Une sortie collective au Puy du Fou pour toutes les MFR. Plus de 200 jeunes. Un moment de communion, de partage, de joie. Les réseaux sociaux explosent. Les familles commentent. Les médias relaient. L’image des MFR s’en trouve transformée.
Janvier 2022. Opération influenceur avec Super Éco pour casser les préjugés sur les MFR. Un pari audacieux. Qui fonctionne. Les vidéos circulent. Les jeunes s’identifient. « Ah mais en fait, c’est cool les MFR ! »
À chaque action, je suis là. Pas en avant. Mais à côté. Je cadre. Je conseille. Je rassure. Je mesure. Je célèbre les victoires avec eux.
Juin 2025. Réunion de synthèse avec les directeurs et le comité de projet communication. On dresse le bilan.
Les points forts évoqués par les membres :
Les points de vigilance :
Je hoche la tête. Ils ont tout compris. Mon travail n’était pas de leur livrer une recette. Mais de les faire cheminer. De les faire grandir dans leur expertise et compréhension des problématiques de communication. De donner des axes prioritaires : affermir la notoriété de la marque MFR, améliorer la marque employeur et favoriser la cohésion INTERNE du collectif de salarié.e., en somme faire des MFR des lieux désirables pour le recrutement. Ensemble.
Ce projet avec les MFR de Loire-Atlantique m’a rappelé l’essentiel de mon métier : favoriser l’interaction entre les individus et donner du sens.
J’ai appris que :
Comme le disait Goethe, que je cite souvent : « L’audace a du génie, de la force et de la magie. » Mon travail consiste à donner à mes clients cette audace créatrice. Cette confiance pour oser.

Aujourd’hui, le comité de projet communication des MFR de Loire-Atlantique continue. Il vit. Il respire. Il évolue. De nouvelles actions naissent. De nouveaux membres rejoignent le collectif. La dynamique est lancée.
Moi, je reste à leurs côtés. En retrait. En renfort. Quand ils ont besoin de recadrer. De mesurer. De former. De prendre de la hauteur.
Parce que c’est ça, être consultant communication freelance. Ce n’est pas être indispensable. C’est rendre les autres capables.
Fort de plus de 30 ans d’expérience en communication de marque, je continue d’accompagner des TPE, PME et ETI dans leur transformation par la communication. Si vous aussi, vous avez envie de fédérer vos équipes, de structurer votre stratégie, de mesurer vos résultats… parlons-en.
Cet article s’inspire de l’accompagnement réel des MFR de Loire-Atlantique depuis 2020. Pour en savoir plus sur cette belle aventure collective, consultez l’article complet publié par les MFR.