Audit de communication : Comment l’enquête se déroule-t-elle sur le terrain ?

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Audit de communication : comment se déroule vraiment l’enquête ?

« Concrètement, ça se passe comment ? » C’est la question qui revient à chaque premier rendez-vous. Un dirigeant comprend vite l’intérêt de mesurer l’image de son organisation. Ce qu’il visualise mal, c’est le dispositif : qui va être interrogé, comment, pendant combien de temps, et ce qu’on en tire.

Cette page répond à cette question-là. Elle ne redit pas ce qu’est un audit ni ce qu’il apporte — c’est le rôle de notre page consacrée à l’audit d’image. Elle décrit la mécanique d’enquête : trois dispositifs complémentaires, et ce que chacun révèle que les deux autres ne verraient pas.

Audit d’image ou audit de communication : de quoi parle cette page

Les deux expressions désignent la même démarche : mesurer l’écart entre l’image que vous souhaitez renvoyer et celle que vos publics perçoivent réellement. Nous n’allons pas inventer une distinction qui n’existe pas.

En revanche, deux questions bien différentes se posent. La première — pourquoi mener un audit, ce qu’il révèle, ce qu’il change — est traitée sur notre page audit d’image. La seconde, celle qui nous occupe ici, est la mécanique de terrain : comment l’enquête se mène concrètement.

Si vous cherchez à comprendre l’intérêt de la démarche, commencez par la première. Si vous êtes déjà convaincu et que vous voulez savoir dans quoi vous vous engagez, vous êtes au bon endroit.

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Pourquoi trois dispositifs d’enquête plutôt qu’un seul

Un questionnaire seul mesure les réponses à des questions que vous avez écrites vous-même. C’est sa limite : il ne peut confirmer ou infirmer que vos propres hypothèses. Si votre organisation a un angle mort, le questionnaire le reproduira fidèlement.

Un entretien seul produit une matière riche, mais impossible à pondérer. Trois personnes très remontées sur un sujet ne prouvent pas que le sujet concerne tout le monde.

D’où l’ordre que nous appliquons systématiquement : faire d’abord émerger le vocabulaire réel des publics en collectif, approfondir ensuite en individuel ce qui ne se dit pas devant les autres, et seulement après mesurer, avec un questionnaire construit à partir de ce que les deux premières étapes ont fait remonter.

C’est ce dernier point qui fait toute la différence. Le questionnaire n’est pas rédigé au départ : il est la conséquence de l’enquête qualitative. On mesure ce qui existe, pas ce qu’on imaginait.

LES 3 méthodes d’enquête pour un audit de communication

  1. Étape 1 — La table ronde, pour faire émerger le vocabulaire
  2. Étape 2 — L’entretien individuel, pour ce qui ne se dit pas en groupe
  3. Étape 3 — Le questionnaire digital, pour mesurer ce que le qualitatif a fait émerger

PRENONS RDV POUR EN DISCUTER

Étape 1 — La table ronde, pour faire émerger le vocabulaire

Une table ronde réunit 6 à 10 personnes au maximum, jamais davantage. Au-delà, les plus réservés se taisent et deux ou trois voix occupent tout l’espace.

La composition compte autant que le nombre. Sur l’audit d’image des MFR de Loire-Atlantique, chaque table réunissait sept profils distincts : un formateur, une personne de la direction, la personne en charge de la communication, un parent ou parent administrateur, un élève, un prospect — quelqu’un qui connaît la structure sans y avoir travaillé — et un partenaire extérieur.

Ce panel mélangé est délibéré. Une table ronde composée uniquement de salariés produit une photographie de la culture interne, pas de l’image. Faire asseoir un parent à côté d’un directeur change ce qui se dit.

La séance dure deux heures, dans les locaux de l’organisation. La synthèse est anonyme : personne n’est cité nommément, ce qui libère la parole.

Nous ne commençons jamais par « quelle est votre image ? ». Personne ne sait répondre à cette question. Nous partons de l’évocation : ce que le mot communication évoque, ce qui y est positif, ce qui y est négatif, à quoi elle sert, qui la fait, dans quels lieux, avec quelles couleurs, quels sons. Sur l’audit MFR, nous avons même demandé : si la communication était un film, ce serait lequel ?

La question paraît décalée. Elle produit pourtant les réponses les plus instructives de la séance, parce qu’elle contourne le discours institutionnel. Un participant qui répond « Le Joker : je fais semblant, je suis triste mais je ris à l’extérieur, l’apparence est trompeuse » vient de dire quelque chose qu’aucun questionnaire n’aurait capté.

En sortie de séance : des nuages de mots et des verbatims. Le vocabulaire réel de vos publics, pas celui de votre plaquette.

Étape 2 — L’entretien individuel, pour ce qui ne se dit pas en groupe

Certaines choses ne se disent pas devant quinze personnes. Une tension entre établissements, un désaccord sur une orientation, un doute sur la direction : le collectif les lisse.

L’entretien individuel dure une heure, se mène par téléphone, et reste anonyme. Sur l’audit MFR 44, le panel couvrait toute la chaîne de décision : un directeur pour chacune des dix MFR du département, le président de la fédération, son directeur, un salarié et un partenaire extérieur.

Interroger tous les directeurs, un par un, n’est pas un luxe. Sur un réseau, c’est la seule façon de mesurer l’écart entre les établissements — et cet écart est très souvent le vrai sujet. Une fédération qui découvre que ses dix structures ne se décrivent pas de la même manière tient là une information autrement plus utile qu’une moyenne.

Le ton compte autant que les questions. Ce n’est pas un interrogatoire. Une écoute bienveillante, dans l’esprit de l’école de Palo Alto — écouter, restituer, s’adapter, limiter le bruit — permet à chacun de dire ce qu’il pense sans avoir le sentiment de trahir son organisation.

Étape 3 — Le questionnaire, pour mesurer ce que le qualitatif a fait émerger

C’est l’étape que la plupart des audits placent en premier. Nous la plaçons en dernier, et c’est précisément ce qui change les résultats.

Le questionnaire est construit à partir de la synthèse des tables rondes et des entretiens. Chaque affirmation soumise au vote vient de quelque chose qui a été dit sur le terrain. Le rôle de cette étape n’est pas de découvrir, mais de peser : cette perception concerne-t-elle trois personnes ou trois cents ?

Les questions sont fermées, les réponses anonymes, et la diffusion s’appuie sur les fichiers de l’organisation elle-même — c’est ce qui permet d’atteindre du volume. Sur l’audit MFR, la fédération et chacune des dix MFR ont relayé le questionnaire à leurs contacts : parents, élèves, salariés, administrateurs, partenaires.

Résultat : 348 réponses. À cette échelle, une perception majoritaire n’est plus une impression, c’est un fait mesuré.

Exemple : l’audit de communication des MFR de Loire-Atlantique

La Fédération des Maisons familiales rurales de Loire-Atlantique regroupe dix établissements et plus de 130 qualifications, du CAP au BTS, dans un réseau né en 1937. Son objectif : bâtir une stratégie de communication départementale commune, sans effacer la spécificité de chacune des dix MFR.

Le dispositif complet a été déroulé : trois tables rondes qualitatives menées avant la fin décembre, des entretiens individuels avec l’ensemble des directeurs et la gouvernance de la fédération, puis le questionnaire digital et ses 348 réponses. Entre la première table ronde et la remise du plan d’action, il s’est écoulé environ deux mois et demi.

Ce que l’enquête a mis en évidence tient dans un contraste. Les forces pédagogiques font l’objet d’un consensus très large parmi les répondants : l’expertise de l’alternance et la dimension humaine des établissements sont largement reconnues. En revanche, la perception de l’image auprès du grand public est nettement plus partagée, et la cohérence graphique entre les dix structures ressort comme un point faible identifié.

Ce décalage est exactement ce qu’un audit sert à révéler. Vue de l’intérieur, une organisation qui fait bien son métier a spontanément tendance à penser que cela se voit. L’enquête a montré que la qualité pédagogique était bien perçue — mais que le récit commun, lui, ne l’était pas.

Les tables rondes avaient d’ailleurs fait remonter le sujet avant même que le questionnaire ne le chiffre : les préjugés sur l’apprentissage — voie de garage, filière pour les mauvais élèves, métiers exclusivement manuels — revenaient dans les échanges comme un frein connu de tous, mais rarement traité frontalement dans la communication.

Le livrable final ne s’arrête pas au diagnostic. Il comprend l’analyse, les préconisations et un plan de communication assorti d’indicateurs de mesure. Un audit qui se termine sur un constat n’a servi à rien.

Combien de personnes faut-il interroger ?

Il n’existe pas de seuil universel, et méfiez-vous de qui vous en annonce un. Le bon dimensionnement dépend de la taille de l’organisation, du nombre de publics distincts et de l’enjeu de la décision à éclairer.

Trois repères issus de notre pratique. En table ronde, 6 à 10 personnes par séance, et autant de séances qu’il y a de familles de publics à couvrir. En entretien individuel, viser l’exhaustivité sur les décideurs plutôt qu’un échantillon : sur un réseau de dix structures, interroger les dix directeurs, pas trois. En questionnaire, chercher le volume en s’appuyant sur les fichiers existants de l’organisation.

Le vrai risque n’est pas le sous-dimensionnement. C’est l’homogénéité du panel : cinquante entretiens menés uniquement en interne vous diront cinquante fois la même chose (ou presque). Il faut chercher la diversité des publics.

Ce que l’enquête produit, et ce qu’on en fait ensuite

Trois matières distinctes sortent du dispositif. Des verbatims et des nuages de mots, qui vous donnent le vocabulaire réel de vos publics — celui qu’il faudra reprendre dans vos messages. Un inventaire des outils de communication existants confrontés à leurs objectifs réels, qui fait presque toujours apparaître des actions menées par habitude, sans objectif identifié. Et une matrice SWOT : forces, faiblesses, opportunités, menaces.

Ces trois matières alimentent ensuite deux chantiers : la plateforme de marque, qui formalise l’ADN de l’organisation, et le plan d’actions, qui traduit tout cela en opérations datées et mesurées.

C’est la raison pour laquelle nous plaçons systématiquement l’enquête en amont d’une stratégie de communication. Construire une plateforme de marque sans enquête revient à formaliser des croyances internes. Avec l’enquête, elle repose sur des faits constatables.

Ils nous ont fait confiance… pourquoi pas vous ?

Quelle différence entre un audit d’image et un audit de communication ?

Aucune sur le fond : les deux expressions désignent la même démarche, mesurer l’écart entre l’image voulue et l’image perçue. La différence est d’usage : on parle plutôt d’audit d’image quand on s’intéresse à la perception de la marque, et d’audit de communication quand on évalue aussi les outils et les actions déjà en place. Le dispositif d’enquête, lui, est identique.

Comment se déroule concrètement l’enquête d’un audit de communication ?

En trois étapes, dans cet ordre. Des tables rondes de 6 à 10 personnes, deux heures chacune, qui font émerger le vocabulaire des publics. Des entretiens individuels d’une heure, par téléphone et anonymes, pour ce qui ne se dit pas en groupe. Puis un questionnaire fermé, construit à partir des deux premières étapes, qui vient mesurer l’ampleur de chaque perception. Il est possible de rajouter de l’observation terrain pour bien cerner les pratiques.

Combien de temps dure un audit de communication ?

Cela dépend de la taille de l’organisation et du nombre de publics à interroger. Sur l’audit des MFR de Loire-Atlantique — dix établissements, trois tables rondes, une quinzaine d’entretiens et un questionnaire à 348 réponses — il s’est écoulé environ deux mois et demi entre la première table ronde et la remise du plan d’action.

Qui faut-il interroger pendant un audit d’image ?

L’écosystème complet, pas seulement l’interne. En table ronde, nous réunissons formateurs ou salariés, direction, chargé de communication, clients ou usagers, prospects et partenaires extérieurs. En entretien individuel, nous visons l’exhaustivité sur les décideurs. Un panel exclusivement interne produit une photographie de la culture d’entreprise, pas de l’image perçue.

Un questionnaire en ligne suffit-il pour auditer son image ?

Non, et c’est le piège le plus courant. Un questionnaire ne mesure que les réponses aux questions que vous avez écrites vous-même : il ne peut donc ni révéler un angle mort, ni faire émerger un vocabulaire que vous n’aviez pas anticipé. Il est indispensable pour peser les perceptions, mais seulement après une phase qualitative qui aura déterminé quoi mesurer.